Frise chronologique
1670
Construction du port de l'Embouchure
Construction du port de l'Embouchure
1670 (≈ 1670)
Début des travaux pour relier canal du Midi et Garonne.
1771–1776
Construction des deux premiers ponts
Construction des deux premiers ponts
1771–1776 (≈ 1774)
Œuvre de Joseph-Marie de Saget, inaugurés en 1776.
1775
Installation du bas-relief
Installation du bas-relief
1775 (≈ 1775)
Sculpture allégorique de François Lucas en marbre.
10 avril 1814
Bataille de Toulouse
Bataille de Toulouse
10 avril 1814 (≈ 1814)
Affrontement franco-anglo-espagnol aux Ponts-Jumeaux.
1857
Achèvement du canal latéral
Achèvement du canal latéral
1857 (≈ 1857)
Ajout du troisième pont par Jean-Baptiste de Baudre.
21 novembre 1967
Inscription aux Monuments Historiques
Inscription aux Monuments Historiques
21 novembre 1967 (≈ 1967)
Protection des deux premiers ponts et du bas-relief.
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui
Aujourd'hui (≈ 2025)
Position de référence.
Patrimoine classé
Ponts jumeaux enjambant le canal du Midi et le canal de Brienne (cad. non cadastré ; domaine public) : inscription par arrêté du 21 novembre 1967
Personnages clés
| Pierre-Paul Riquet - Ingénieur et entrepreneur |
Créateur du canal du Midi (XVIIe siècle). |
| Étienne-Charles de Loménie de Brienne - Archevêque de Toulouse |
Financeur du canal de Brienne (XVIIIe siècle). |
| Joseph-Marie de Saget - Ingénieur des travaux publics |
Constructeur des deux premiers ponts (1771–1774). |
| François Lucas - Sculpteur |
Auteur du bas-relief allégorique (1775). |
| Jean-Baptiste de Baudre - Ingénieur des ponts et chaussées |
Concepteur du canal latéral (XIXe siècle). |
Origine et histoire
Les Ponts-Jumeaux désignent trois ponts toulousains inscrits aux monuments historiques, situés au port de l’Embouchure, à la jonction des quartiers Compans-Caffarelli, Ponts-Jumeaux, Sept Deniers et des Amidonniers. Ils enjambent respectivement le canal du Midi (centre), le canal de Brienne (sud) et le canal latéral à la Garonne (nord), formant un ensemble architectural classique marqué par un bas-relief allégorique en marbre de Carrare.
Le projet naît au XVIIe siècle avec la réalisation du canal royal du Languedoc (futur canal du Midi), creusé par Pierre-Paul Riquet pour relier la Méditerranée à l’Atlantique via Toulouse. Le port de l’Embouchure, construit à partir de 1670, permet la jonction avec la Garonne, mais l’obstacle du Bazacle limite la navigation en amont. Un siècle plus tard, l’archevêque Étienne-Charles de Loménie de Brienne finance le canal Saint-Pierre (1776), creusé par Joseph-Marie de Saget, pour contourner ce problème.
Les deux premiers ponts jumeaux, construits entre 1771 et 1774 par Saget, remplacent un pont existant devenu obsolète. Leur style classique (arche en anse de panier, parapet en pierre) est rehaussé en 1775 par un bas-relief de François Lucas, allégorie de l’Occitanie et des canaux. L’ensemble est inauguré en 1776. Au XIXe siècle, le canal latéral à la Garonne (1857), conçu par Jean-Baptiste de Baudre, ajoute un troisième pont, achevant la composition hémicirculaire du port.
Le site joue un rôle stratégique lors de la bataille de Toulouse (10 avril 1814), où une redoute aux Ponts-Jumeaux est âprement défendue contre les troupes anglo-hispano-portugaises de Wellington. Malgré la victoire française locale, la ville est évacuée le lendemain. Au XXe siècle, l’aménagement du périphérique (années 1970) enterre l’écluse historique et isole le bassin de la Garonne, tout en préservant les ponts, inscrits aux monuments historiques en 1967.
Le bas-relief de Lucas, chef-d’œuvre du patrimoine fluvial, représente l’Occitanie (allégorie des États du Languedoc) ordonnant à des génies de creuser les canaux, entourée de la Garonne (cornucopia) et d’un panorama de Toulouse avec le dôme des Chartreux. Symbole de prospérité, il célèbre le lien entre commerce, agriculture et urbanité. L’ensemble illustre aussi les défis techniques des voies navigables, des crues de la Garonne aux contraintes topographiques.
Aujourd’hui, les Ponts-Jumeaux donnent leur nom à un quartier résidentiel, un échangeur autoroutier (sortie 30 du périphérique), et un ancien stade mythique du Stade Toulousain, où se déroulèrent des matchs historiques comme la défaite de l’équipe de France face à la Nouvelle-Zélande en 1925. Leur protection (1967) et leur inscription à l’inventaire général (1995) soulignent leur valeur patrimoniale, mêlant génie civil, art et mémoire économique du Languedoc.